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Slam Parle Débats-toi

Un jour, au CEDAS, des voix se sont élevées du petit studio d’enregistrement de l’association…

Elles ont franchi les murs du Quartier Nord pour trouver place face au tableau noir dans di érentes écoles :

L’Athénée Royal Alfred Verwée L’Ecole Fondamentale Tivoli
Le Lycée La Retraite
Le Centre Scolaire Sainte Martie La Sagesse

Après plusieurs mois, les élèves jouaient avec les mots/leurs maux furent exposés lors du Festival « Débat-toi »,
se déroulant au Centre Culturel de Schaerbeek
le 30 avril 2016.

Dans ce recueil, vous allez pouvoir découvrir les productions des élèves ayant participé au projet ainsi que des jeunes de l’atelier slam du CEDAS.
Nous n’en dirons pas plus, laissons place aux mots percutants des jeunes… en espérant qu’ils vous fassent écho !

Atelier d’expression populaire Tome 2

Lhamdal

Je viens du Tibet. J’habitais un village à 24h en voiture de Lhassa.

Ma mère est morte quand j’avais 13 ans.
Quand j’étais petite,j’allais aux champs de blé avec mes parents paysans.
J’ai été très peu à l’école, en tout 2 ou 3 mois seulement.
A 24 ans, je suis devenue nonne bouddhiste au monastère de Lhassa.

A cause des manifestations politiques pour l’indépendance du Tibet, j’ai été en prison durant 12 ans, de 1992 à fin 2003.
C’était très dur, car il n’y avait pas de fenêtres et donc pas de soleil dans la prison. Très froid mais aussi très chaud!

J’ai mal au dos et aux jambes à cause des coups que j’ai reçus.

Quand je suis sortie de prison, j’ai passé 1 mois au Népal et 14 jours en Inde avant d’arriver le 20 décembre 2004 en Belgique.

Depuis lors, je suis des cours de français au CEDAS.
Mais, je suis triste de dépendre du CPAS car je suis sans travail. Ce qui me rend heureuse, ce sont les voyages pour rencontrer le Dalaï Lama, et continuer ainsi à lutter pour l’indépendance du Tibet.

Atelier d’expression populaire Tome 1

Le quartier de Schaarbeek où est situé et travaille le CEDAS depuis de longues années est habité et animé par des femmes et des hommes d’origines très variées.
Ne serait-ce qu’au niveau du CEDAS, le public qui fréquente le lieu pour suivre, entre autres, des cours d’alphabétisation, ou de soutien scolaire pour les plus jeunes, représente un nombre de peuples, de nationalités, de pays, de cultures différentes très large. Entre autres : Maroc, Arménie, Georgie, Togo, Côté d’Ivoire, Guinée Konakri, Turquie, Congo, pour ne citer qu’eux.

Chacune de ces origines représente à nos yeux autant de cultures encore vivantes riches en expressions et pratiques spécifiques. Notre dessein est de participer à les rendre visibles grâce aux participants.

Nos ateliers d’expression populaire, s’interpénètrent dans les différentes formations que nous proposons ( alphabétisation, bureautique, …. ).
Peu importe le niveau de français des personnes avec qui nous travaillons, un même principe de base aiguille notre travail : favoriser l’expression oral, écrite, à travers un processus de mise en valeur de la culture d’origine et de l’expérience des migrants.

Nos objectifs sont multiples mais retenons :

-Aboutir à une production écrite, un recueil de textes rendant compte de la richesse culturelle des apprenants ainsi que de leur expérience de l’exil ; l’exil étant un entre deux favorisant l’émergence d’un double regard aiguisé : à la fois sur la terre d’origine (sur laquelle l’immigré devient aussi d’une certaine manière un étranger) et sur la terre d’accueil.

-Favoriser un usage complexe de la langue : usage lié au fait d’exposer un point de vue, de le défendre, de raconter une histoire, d’exprimer des sentiments, des idées, des réflexions.

-Favoriser la capacité à discuter, à nouer des liens, le désir d’être soi même.

Le moustique se mit à chanter. Il était choriste » – Recueil de contes I

Avant propos.

 

Ce livre est un appel à la mémoire. Mémoire des mots, des goûts de l’enfance, des parfums d’autrefois.Issu des ateliers populaires du CEDAS, les auteurs ont revisité des contes de leurs pays en les nourrissant de leurs imaginaires. Approche d’une autre réalité culturelle, ces griots des quatre coins du monde, retrouvent des histoires racontées par les anciens. Enfouies depuis des décennies dans un coin de leurs têtes, elles réapparaissent comme par magie. Ces raconteurs affirment haut et fort leurs cultures : ouvrière, paysanne, venues d’ailleurs. Celle de leurs pères, de leurs mères. Ils encensent ces images lointaines qui les ont construits, baladés, émerveillés.Je tiens ici à les remercier pour les moments intenses qu’ils nous ont fait partager. Des histoires à découvrir avec gourmandise.

Ca sent bon la gaufre de Liège

Sur une place quelque part à Bruxelles, autour d’un arrêt de tram, des gens se croisent, s’entrecroisent. Chacun avec sa réalité, ses souvenirs, ses étonnements. Autour de cet arrêt, des discussions s’engagent, les langues se délient … Il parait qu’en Belgique, il n’y a que des vieux, que les Italiens aiment les belles femmes, que les Tchétchènes ne mangent pas de poisson, que le Liégeoises sont les plus grandes dan- seuses du monde…

Et que dire de l’étonnement du travailleur social quand il découvre le quartier et ses drôles d’habitants. Comment va-t-il s’intégrer ? Ce spectacle travaillé dans les ateliers du CEDAS, met en valeur les identités culturelles multiples, avec humour et émotion, il dessine ce qui fait aujourd’hui la diversité bruxelloise. Dans la lignée du théâtre des opprimés, il réunit des acteurs en parcours d’apprentissage du français et des travailleurs sociaux, chacun mettant en exergue, ses souffrances, ses malaises, ses interrogations.

Ce livre témoignage est composé des textes extraits d’entretiens individuels ou collectifs. Il parle de la pièce, du processus, d’un éclairage pédagogique. Mais surtout de ce que les membres de la troupe avaient envie d’écrire, de déposer sur le papier.

Recueil de textes – « De l’autre côté du miroir

La culture populaire

 

On vous parle du quartier Nord de Schaerbeek comme d’une zone sensible, où il ne fait pas bon se promener le soir. Certains ne parlent que d’intégration, d’encadrement, d’insertion…

Pourtant, dans ce quartier, des jeunes citoyens réussissent leur vie de travailleur, d’étudiant, de relais social pour les nouvelles générations et se tiennent debout malgré les difficultés économiques, fiers de participer à l’enrichissement culturel de la Belgique.

Depuis 15 ans le CEDAS, y développe une salle de musculation populaire. Projet particulier s’ il en est, lieu où se croisent des joies, des larmes, des rages, mais surtout de la solidarité, du respect. Endroit où l’expression passe d’abord par le corps, par des émotions brutes, pour ensuite se déposer sur une page, un livre : « De l’autre côté du miroir. »

Je pensais être un grand lion mais une petite souris m’étouffait

Avant propos

Raconter une histoire, se faire entendre, être écouté. Créer, imaginer, se rappeler, partager, sont les mots fondateurs du collectif « Les raconteurs du quartier Nord », groupe issu des ateliers d’éducation populaire du CEDAS.

Ce livre, c’est d’abord des mots, que l’on dit timidement en se demandant s’ils seront les bienvenus, s’ils seront compris, appréciés.

C’est ensuite la con ance qui s’installe petit à petit, un moment où on se permet de se dévoiler. Ce sont des souvenirs qui réap- paraissent, des racines que l’on valorise, une identité culturelle qui s’af rme.

Alors si vous voulez savoir pourquoi les Tchétchènes ne mangent pas de poissons ? Comment Kabundi a déjoué le piège des singes de la forêt, ou pourquoi on place la langue d’un âne dans la bouche du mort…..

Vite, tournez la page ! Il était une fois ….

Thierry Barez

Mon vieil ennemi

Pourquoi nous juges-tu ?
Nous ne sommes pas tous pareils me semble t-il,
Tu fous tout le monde dans le même sac,
Tu sers le nœud,
Et tu nous balances au loin,
Notre di érence on en est er,
On en a fait une force,
Et cela nous fait du bien,
Tes stéréotypes nous pourchassent,
Comme un fauve traquant sa proie,
Tu portes plusieurs masques,
Racisme,
Sexisme,
Homophobie,
Mais ton but reste le même,
Tes coups pleuvent,
Mais tes mots sonnent faux,
Le polonais boit,
Alcoolique,
Les Africains ont une odeur prononcée
Les arabes volent,
Les homos, hé sale, p f…
Tristes, sont tes préjugés,
Pourquoi tes é que es nous collent-elles à la peau ? Pourquoi serais-tu meilleur qu’un autre ?
Pourquoi tu ne vois pas que nos di érences nous poussent vers le haut, Tu vois ce e di érence qui nous sépare,
Tu t’éloignes seul,
Tu fonces dans se brouillard,
Alors que nous cul vons ce e di érence,
Pour ne former plus qu’un,
Je te le dis, je te l’a rme,
Mon vieil ennemi.
Tu niras seul ou entouré de pauvres idiots,
Triste est ta des née,
Car nous seul détenons la clef.
Maintenant je te laisse,
Car tout ce que je ferais pour te contredire, toi, tu me diras,
« Ce n’est pas ma réalité »
Car tout ce que l’on fait et tout ce que l’on dit te laisse indi érent, alors « Partageons nos di érences, comba ons ton indi érence ».

David Lazar